Réveille toi ! T'es mort.
Vois tu le prince sur le cheval à bascule, son visage poli a l'air cool
Je vais déverser mes tripes sur toi
Au nom de la justice
Tu ne peux pas briser mon âme
Réveille toi ! T'es mort.
Vois tu l'horrible déjection que t'es d'venue, rien que ça m'fait vomir d'envie
Je vais déverser mes boyaux sur toi
Au nom de l'injustice
Tu ne peux pas briser mon âme
Réveille toi ! T'es mort.
Vois tu ce que t'es d'venu pauvre petit, rien que ça m'fait mourir d'envie.
Je vais déverser mes horreurs sur toi
Au nom des ténèbres
Tu ne peux pas briser mon âme
Lalalalalalala.
Encore une vie de prise, j'ai perdu le compte depuis un bon moment. Du coup, je me rabats sur la musique. Je me suis pris d'une vraie vocation à écrire, si jamais quelqu'un lit mes quelques vers c'est que je suis mort ou enterré.
Hahahahahahaha !
J'ai écrit les paroles de cette chanson sur le mur du château Royal d'Ayléa ! Avec le sang du roi lui même, bien sûr. Je ne suis pas du genre à signer mes meurtres mais là, ça fait partie du meurtre en lui même. J'ignorais que moi même, j'avais de telles tendances.
Dadadadadadada !!!
J'ai contacté ma main noire. L'elfe noir se débrouille plutôt pas mal. Il devra prochainement accomplir une mission très importante. Vitale. Quant à ma compagne de nichée, elle est toujours dans les parages, à faire ceci et cela, des choses sans trop d'importance, juste pour me taquiner. Un jour, je les tuerais, et ce sera la fin de l'histoire.
Mais pour l'instant, les choses prospèrent. Je me sens bien, au sommet du pouvoir, à l'apogée de ma puissance. Je contrôle tout, ou presque. Encore un petit peu, un tout petit peu, et je pourrais déclencher la fin du monde. Je gère parfaitement la créature qui me sert d'esclave, je me suis accaparé sa réalité, sa raison de vivre, elle est à moi, je la possède. Quand à Dahlia, je me suis accaparé un petit peu d'elle, peu à peu, je la soumets, elle ne sera peut être pas capable de me résister bien longtemps.
Les ténèbres recouvrent le monde, de plus en plus. La fin est proche. Ce petit monde rond et plat m'appartient, je suis le Maître maintenant, plus rien ne peut m'arrêter, la destinée est en marche, je vais contrôler, contrôler, contrôler, puis détruire, détruire, détruire l'esprit du monde, car, c'est ma revanche, ma vengeance, le juste retour des choses, on m'a fait quelque chose, je fait quelque chose en retour, oeil pour oeil, dent pour dent, je suis du genre rancunier.
Assis sur Trompe-l'Oubli, je croise les jambes avec satisfaction avant de croiser les jambes et de me servir un verre de vin rouge (du moins, en apparence, car c'était ce qu'il restait de sang dans le corps du roi d'Ayléa après son joli graffiti sur le mur). C'est fini. Personne ne peut plus s'opposer à moi, mon plan est infaillible, rien ne m'arrêtera, et je serais le Maître du Monde.
Je n'attends la visite de personne, en ce moment, je ne fais que passer et rendre mon chemin passable, je m'ennuie alors j'écris la mélodie d'la poésie, lalalaa. C'est drôle, je me sens si guilleret. Impatient de pouvoir foutre le monde sens dessus dessous. Je n'ai plus qu'à faire passer le temps. Une petite rencontre serait le bienvenu pour me distraire, qui sait, une partie de dames, ou une petite discussion, comme si de rien n'était, alors que seule la lueur de mes yeux subsistera après que le monde sera détruit.
Un moine se présenta devant moi. Je l'avais fait venir. Il avait les pieds ensanglantés à force d'avoir marché des milliers de lieues dans le seul et unique but de me voir, et de mourir, par extension. Je ne connais que quelques personnes qui ont déjà vu mon visage poli à l'air cool et qui ont survécu. Le moine avait été bercé des illusions de son Eglise : dans son illumination, il pensait "marcher vers le Seigneur, qui avait besoin de ses services pour être libéré de l'emprise des démons, ensuite, le Seigneur irait combattre le Mal qui succomberait face à la force de l'homme et de sa passion pour Dieu". J'avais écrit ses pensées. C'est parfois lourd. Enfin, en me voyant, il a tout de suite compris qu'il avait fait le bon voyage, mais dans le mauvais sens. Il a pris une jarre d'huile, s'en est aspergé le corps, a pris une torche, et, dans une position de prière ultime, a pris feu en silence. C'est ainsi que mourront tous les hommes et toutes les femmes et tous les animaux et toutes les fourmis. C'était un être faible, il a succombé en me voyant.
Je m'ennuie toujours autant, toutefois. Quand y'aura t'il un peu d'action ?
Le désir des Ombres. Il n'existe pas de volonté plus forte. Personne ne peut battre ma Volonté.